Lettre du 18 juin 2010

Lettre du 18 juin 2010

Docteur Jacques Lacaze

Objet : demande de communication
des résultats d’une expérimentation
effectuée au début des années 70.

Le 18 juin 2010.

Monsieur Didier Houssin, Directeur Général de la Santé,
Madame Dominique de Penanster,
Madame Elisabeth Gaillard

Monsieur le Directeur, Mesdames,

Sur les conseils de Monsieur Michel Abate, qui est porte-parole d’un collectif de santé publique, et en fonction des renseignements qu’il a obtenus au cours des démarches qu’il a effectuées auprès de la DGS, je me permets de formuler une demande citoyenne concernant l’expérimentation effectuée par Monsieur le Docteur Claude Gak dans le service de Monsieur le Professeur René Truhaut au début des années 70. En effet, malgré l’immense intérêt de cette expérimentation, puisqu’elle concerne la prévention du cancer, il n’y a pas eu de publication.
Je me permettrai donc, d’indiquer brièvement les travaux du Docteur André Gernez à partir desquels l’expérimentation a été faite, les résultats constatés à l’issue de cette expérimentation, ceci selon une information orale et donc sous toute réserve. J’aborderai ensuite la réunion du 13 décembre 1974, au cours de laquelle le problème de la publication des travaux expérimentaux et de la suite à donner aux propositions du Docteur Gernez concernant la prévention active des cancers ont été abordés. J’ajouterai quelques considérations sur la portée des théories formulées par le Docteur André Gernez et sur la situation actuelle en matière de prévention des cancers.

Les travaux du Docteur André Gernez. Très jeune Docteur en médecine et très jeune chercheur à la Fondation Curie de Paris, le Docteur André Gernez a dès 1949 la confirmation qu’un traitement avec des moyens très simples et très banaux d’un syndrome précancéreux (de Plummer-Vinson) permet d’éviter la survenue d’un cancer, de la gorge en l’occurrence. Il est convaincu que la lutte contre les cancers doit passer en priorité par la prévention. Il informe la communauté médicale par plusieurs articles dans de grandes revues médicales.
Beaucoup des causes du cancer sont connues à l’époque et sont déjà très nombreuses. Mais le mécanisme, la réponse à la question comment naît un cancer, comment se développe-t-il, n’est pas élucidée. De grands et célèbres cancérologues se la posent et la posent. Le Docteur Gernez réalise très vite que la solution est oblitérée par les conceptions dominantes concernant la division cellulaire. Il remet en question la théorie admise par tous, celle du double cycle cellulaire et postule qu’en réalité au niveau de chaque colonie cellulaire il y a deux catégories de cellules : les cellules génératrices et les cellules fonctionnelles. C’est la pierre de rosette ! Et pendant plus de 20 ans, il va dérouler l’écheveau. Cette conception permet d’expliquer le mécanisme de la cancérogenèse. Elle permet de résoudre nombre de problèmes de biologie et de pathologie. Elle permet de fonder rationnellement une prévention générale des cancers.
Le Docteur Gernez envoie à l’Académie des sciences en février 1967, un mémoire intitulé « Néopostulats biologiques et pathogéniques » dans lequel il expose ses travaux. Il développera ses idées sur le cancer dans 3 ouvrages : « Le cancer mécanismes et prévention », « Le cancer, dynamique et éradication », et « Lois et règles de la cancérisation ». L’ensemble de ces textes sera communiqué à la communauté scientifique et aux décideurs.

L’expérimentation du Docteur Claude Gak. Elle commence en 1969 et se déroule dans le service de toxicologie du Professeur René Truhaut (INSERM), qui est aussi un grand spécialiste en matière de cancer. Des résultats sont communiqués oralement au Docteur André Gernez :
Il a été greffé du tissu cancéreux sur le foie de rats de laboratoire. L’évolution des greffons a été suivie sur 3 lots :
– un premier lot est soumis à une réduction alimentaire qui place les rats en état d’acidose tissulaire;
– un deuxième lot est aussi mis en acidose, et reçoit des vitamines, des oligo-éléments ;
– les rats du troisième lot reçoivent en plus de ce que reçoivent les deux premiers, un antimitotique léger : hydrate de chloral et colchicine.
L’ensemble des rats des 3 lots, sont sacrifiés et autopsiés, à la recherche de lésions cancéreuses.
L’examen des résultats (1974, très probablement) montre que :
– 46% des rats du premier lot, ne présentent aucune lésion,
– 72 % des rats du deuxième lot ne présentent aucune lésion,
– 94 % des rats du 3ème lot ne présentent aucune lésion.
De nombreuses études chez l’homme (en particulier l’étude SUVIMAX) viennent corroborer avec des chiffres analogues l’effet d’une supplémentation en vitamines et oligo-éléments.

La réunion à la DGS du 13 décembre 1974. Elle a pour objet de définir la position officielle sur le problème de la mise en place éventuelle d’une politique de prévention active du cancer.
Outre le Directeur Général de la Santé en poste à cette date, le Docteur Charbonneau, assistaient à cette réunion :
– Madame le Docteur J. Ripoche, chargée du dossier par le Ministre de la Santé, Monsieur Poniatowski,
– le Docteur Lechat chargé de la pharmacovigilance,
– Monsieur le Professeur Ripoche, comme médiateur,
– une assistante du service du Professeur Hamburger,
– le Docteur André Gernez.
Madame Ripoche présente le dossier, et formule la proposition de rendre la procédure publique avant le 15 janvier 1975.
La validité et l’intérêt de la procédure, ne sont pas contestés, mais la décision est prise de ne pas la rendre publique. Le Docteur Gernez insiste pour que cette position soit révisable.

Je pense, Monsieur le Directeur, Mesdames, avoir présenté très brièvement certes, ce dossier capital. Les 41 morts quotidiens par cancer, les 980 nouvelles personnes frappées chaque jour par cette maladie, imposent que toutes les pistes et propositions émanant de chercheurs reconnus, soient examinées, et à plus forte raison que des travaux validant une procédure de prévention soient rendus publics.

C’est le sens de la démarche citoyenne, que l’association « Pour André Gernez », que je contribue à mettre en place, entend poursuivre. La publication officielle des travaux expérimentaux du Docteur Claude Gak devient incontournable. Les citoyens de ce pays ne comprendraient pas qu’elle soit encore une fois différée.

Je vous prie de croire, Monsieur le Directeur, Mesdames à mes salutations respectueuses.

Docteur Jacques Lacaze,
pour l’Association Pour André Gernez