Lettre du docteur Maurice Israël du 26 juin 2009

Lettre du docteur Maurice Israël du 26 juin 2009

Le 26 Juin 2009
Dr Maurice Israël                                  à               Mme Hélène Espérou
Directeur de Recherche CNRS                              Cabinet de Mme la Ministre de la Santé

Madame,

Je vous écris à la demande de Mr Abate, pour vous informer qu’une étude intéressante sur la prévention du cancer aurait été entreprise à l’INSERM dans les années 1970. Cette information m’a été transmise par des collègues, qui ont eu jadis accès aux résultats. Cette étude était incroyablement moderne pour son époque, et mériterait d’être reconsidérée avec nos connaissances actuelles, il serait souhaitable que des  médecins et scientifiques,  puissent connaître ces résultats qui concernent un problème majeur de santé publique.
Voici donc l’information qui m’a été transmise.
Ce protocole de prévention associait trois conditions : Premièrement, un régime hypocalorique, lors d’une période de jeûne, (comme préconisé par les grandes religions). Deuxièmement, une alimentation riche en vitamines-antioxydants (vit. C, E, sélénium, …) présents dans certains fruits et légumes, ces régimes sont actuellement recommandés par les diététiciens. Ces deux conditions réduisent l’incidence des cancers, mais ne sont cependant pas suffisantes pour l’éradiquer. Une troisième condition plus problématique faisait partie de ce protocole de prévention. Il avait été remarqué que les malades mentaux traités au chloral (avant la découverte du largactil) faisaient moins de cancers, cette observation fut attribuée par le Dr Gernez à l’action antimitotique moins connue du chloral. Le protocole de prévention fut ainsi complété par un traitement d’une dizaine de jours, par du chloral ou de la colchicine, qui devait détruire les toutes premières cellules tumorales, et si elles échappaient au traitement la première année, elles seraient atteintes l’année suivante etc.. Ceci permet alors au tissu sain de reprendre le dessus sur les cellules tumorales, qui ne se développent pas, et n’atteignent pas une masse critique, qui rendrait le cancer irréversible. Cette méthode de prévention du cancer a été imaginée par un grand médecin, le Dr André Gernez. Il fait partie des premiers découvreurs des cellules souches, et a compris avant tous, que la pathologie serait bouleversée par la découverte de ces cellules. Contrairement aux idées de son époque, il a dans ses livres, suggéré que la mitose d’une cellule souche aboutissait à deux cellules filles différentes, l’une  d’entre elles, remplace la cellule mère et possède la capacité de se diviser, alors que l’autre, assure la fonction de l’organe, mais est stérile. Il a ainsi expliqué la constance de la masse des organes au cours de la vie. C’est cette règle qui est rompue dans les cancers, les deux cellules filles se divisent, conduisant à un accroissement géométrique de la tumeur.
Bien qu’étant médecin, j’ai surtout travaillé sur la biochimie des mécanismes synaptiques. J’ai aussi dirigé un laboratoire de recherche fondamentale du CNRS, publié de très nombreux articles dans les meilleures revues, accueilli et fondé des entreprises de biotechnologie, pris de nombreux brevets. Ceci m’autorise peut-être à vous donner humblement mon opinion sur ce protocole, que je trouve fort intéressant dans ses principes.
En effet, depuis que je suis retraité, je me suis fixé pour objectif de comprendre les mécanismes qui transforment une cellule normale en cellule tumorale, et je vais sans doute essayer de les publier dans un ouvrage ou une revue, si toutefois je parviens à intéresser un éditeur. Mais je puis déjà vous assurer que les mécanismes cellulaires qui caractérisent la cellule tumorale, seront sélectivement affectés par ce protocole découvert empiriquement par le grand praticien qu’est le  Dr Gernez. Certes, il n’a publié ses idées que dans des livres et des revues, qui n’ont qu’un faible facteur d’impact, ceci ne veut pas dire que ses observations ne sont pas essentielles. Du reste, je ne crois pas que « l’audimat » devrait être érigé en critère d’évaluation, car ce qui est novateur est rarement accepté.
Pour revenir à cette étude de l’INSERM dont je vous signale l’existence, et qui me dit-on, fut transmise au Ministère, je vous serais reconnaissant, si cela ne pose pas de problème, de m’autoriser à la lire, serait-il possible de la diffuser ou de l’actualiser si nécessaire.
En tout cas, je reste à votre disposition pour vous expliquer si c’était utile, ces mécanismes cellulaires conduisant à la perversion tumorale; ils ont aujourd’hui une importance scientifique, mais aussi sociétale, car ces mêmes mécanismes peuvent déclencher aussi les dégénérescences neuronales et la maladie d’Alzheimer, qui posera, comme vous le savez, de grands problèmes d’accueil pour ces malades. Mais comment expliquer tout cela en peu de temps et de mots…
Pardonnez-moi pour cette trop longue lettre, et je vous prie de croire Madame, en ma bonne volonté et en mes sentiments respectueux et dévoués.

Maurice Israël.